L'amour et les psychanalystes :-)

judith
judith
January 2014 modifié dans Citations d'Amour
Je trouve dans ce texte pas mal de réponses, je pense tout particulièrement a la réciprocité pour jd, le "pourquoi lui" et le manque de "mots" pour maou, a ma missjade :-*... Et au petit cyberos pour une des citation...

Quelques considérations sur l'amour par les psychanalystes

Les psychanalystes :1)Lacan, 2)Freud, 3) Fromm, 4) J.A. Miller, 5) A. Valtier et d'autres (Jung, Dolto...)

1- Lacan

Réhabilitant les théories freudiennes contre l'alternative américaine, Jacques Lacan comparera la structure de l'inconscient à l'articulation linguistique et définira la construction du sujet à travers des concepts tels que l'imaginaire, le symbolique et le réel.

"Aimer c'est donner ce que l'on a pas, à quelqu'un qui n'en veut pas"...(Lacan) Ou "l'amour, c'est offrir à quelqu'un qui n'en veut pas quelque chose que l'on n'a pas." de Jacques Lacan
Cette phrase de Lacan en laisse plus d'un perplexe. Qu'a-t-il voulu bien dire ?

Lacan nous propose de lier le don, le manque et l'amour.

« Le désir de l'homme trouve son sens dans le désir de l'autre. » (Lacan)
« Aimer, c'est essentiellement vouloir être aimé. »

« Est-ce que vous vous êtes aperçu à quel point il est rare qu'un amour échoue sur les qualités ou les défauts réels de la personne aimée ? »

« L’amour est un genre de suicide. »


2 - Freud et la nouvelle de Jensen, "La Gradiva" (que m'a fait découvrir mon orthophoniste)

La Gradiva est sans doute l’exemple le plus séduisant du lien que Freud établit entre archéologie, psychanalyse et amour. C’est en 1906 que Carl Jung conseille à Freud la lecture de la nouvelle de Wilhelm Jensen, La Gradiva, Fantaisie pompéienne.

"Ce roman publié en 1903 raconte l’histoire d’un archéologue, Norbert Hanold, qui tombe en adoration devant un bas-relief du musée archéologique de Naples. Il s’en procure un moulage qu’il ramène chez lui en Allemagne.
Sa fascination pour la femme représentée, qu’il nomme Gradiva (celle qui avance), devient une véritable obsession. Il rêve qu’il la rencontre dans Pompéi, alors que le Vésuve entre en éruption. Une fois éveillé, il ne parvient pas à se défaire de l’impression que la Gradiva a effectivement vécu à Pompéi, où elle aurait été ensevelie.
Suite à ce rêve, il part faire un voyage en Italie. Alors qu’il erre dans Pompéi, il croit reconnaître la Gradiva. Mais il s’aperçoit finalement que la femme qu’il voit n’est autre que Zoe Bertgang, son amie d’enfance.
La jeune fille se déguise en Gradiva et parvient à guérir Hanold de son délire et à réveiller son amour pour elle."


Freud nourrit lui aussi une fascination pour la gradiva

Freud se rend à Rome et découvre au musée Chiaramonti le Relief des Aglaurides en marbre. "Pense à ma joie en rencontrant aujourd’hui au Vatican, après une si longue solitude le visage connu d’un être cher ; mais la reconnaissance a été unilatérale, car il s’agissait de Gradiva accrochée tout en haut d’un mur". (Lettre de Sigmund Freud à M. Bernays, 24 septembre 1907).
Comme le héros du livre de Jensen, il achète le moulage qu’il place au-dessus du divan, dans son cabinet de consultation.

Après Freud, la figure mythique de Gradiva séduit encore André Breton, Salvator Dali, André Masson ou Roland Barthes, qui lui consacre un des chapitres de ses Fragments d’un discours amoureux (La parution de ce texte et de l'analyse de Freud retint l'attention des surréalistes. L'atmosphère du récit mais aussi les éléments oniriques, les fantasmes et les objets obsessionnels coïncidaient avec leur propre mythologie. Dali et Masson l'utilisèrent comme thème pictural. Breton, lui, donna le nom de Gradiva à la galerie surréaliste de la rue de Seine (1937).).


Il sera suivi d'un autre peintre :
Masson l'utilise comme thème pictural en 1939. Breton, lui, donna le nom de Gradiva à la galerie surréaliste de la rue de Seine (1937).


La Gradiva de Jensen se transforme sous le pinceau de Masson dans un décor inspiré de la villa des Mystères de Pompéi. Un volcan apparaît au fond. Sur un socle qui s'effondre, Gradiva se renverse, déjà en voie de putréfaction et de pétrification. Son sexe s'ouvre comme un cauri (coquillage appartenant au groupe des porcelaines), à la fois coquillage marin et vagin denté. Son sein est en forme de ruche que viennent prendre d'assaut les abeilles délivrées. Le pied droit est en érection. La tête à moitié endormie penche vers un champs de pavot.

3 - Erich Fromm (psychanalyste américain d’origine allemande, 1900-1980)

L'amour consiste à prendre soin de l'autre, à s'inquiéter de lui, à le respecter et à essayer sans cesse de le connaître davantage.
Aimer quelqu'un ne relève pas seulement de la puissance du sentiment mais d'une décision, d'un jugement, d'une promesse.
Le paradoxe de l'amour réside en ce que deux êtres deviennent un et cependant restent deux.

Réponses

  • missjade
    missjade
    October 2013 modifié
    trés beau post ma choute

    oui, idéal être un et pourtant deux.......

    lacan veut certainement dire qu'avant de vouloir donner de l'amour il faut déjà savoir ce que c'est et que celui a qui on le donne le sache aussi.....je pense que les relations de "transition" servent à cela, à nous ouvrir les yeux......je crois également que l'amour doit etre synchrone dans la vie de ces deux personnes pour qu'il puisse éclore et vivre


    bref il ne suffit pas qu'on s'aime
  • judith
    judith
    October 2013 modifié
    4 - Jacques-Alain Miller, propos recueillis par Hanna Waar

    Donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas, cette définition éblouissante fait sciller les yeux de qui regarde l’amour en face, lequel comme la mort ou le soleil risque de les lui griller. La psychanalyse parle bien de l’amour. Laissons-nous charmer par la musique que sait en tirer ici Jacques-Alain Miller.
    Parlez-moi d’amour dit la chanson, mon cœur n’est jamais las de l’entendre. C’est que les mots pour en parler nous mettent le cœur en fête et défaite, et que plus ça chavire et pire c’est mieux.

    Philippe Grauer -Introduction de l'entretien dans :
    Psychologies Magazine , octobre 2008, n° 278

    Hanna waar :
    La psychanalyse enseigne-t-elle quelque chose sur l’amour ?

    Jacques - Alain Miller :
    Beaucoup, car c’est une expérience dont le ressort est l’amour. Il s’agit de cet amour automatique, et le plus souvent inconscient, que l’analysant porte à l’analyste et qui s’appelle le transfert. C’est un amour factice, mais il est de la même étoffe que l’amour vrai. Il met au jour sa mécanique : l’amour s’adresse à celui dont vous pensez qu’il connaît votre vérité vraie. Mais l’amour permet d’imaginer que cette vérité sera aimable, agréable, alors qu’elle est en fait bien difficile à supporter.

    Hanna Waar :
    Alors, c’est quoi aimer vraiment ?

    J-A Miller : Aimer vraiment quelqu’un, c’est croire qu’en l’aimant, on accédera à une vérité sur soi. On aime celui ou celle qui recÚle la réponse, ou une réponse, à notre question : « Qui suis-je ? »

    Hanna Waar :
    Pourquoi certains savent-ils aimer et d’autres pas ?



    J-A Miller : Certains savent provoquer l’amour chez l’autre, les serial lovers, si je puis dire, hommes et femmes. Ils savent sur quels boutons appuyer pour se faire aimer. Mais eux n’aiment pas nécessairement, ils jouent plutÎt au chat et à la souris avec leurs proies. Pour aimer, il faut avouer son manque, et reconnaître que l’on a besoin de l’autre, qu’il vous manque. Ceux qui croient être complets touts seuls, ou veulent l’être, ne savent pas aimer. Et parfois, ils le constatent douloureusement. Ils manipulent, tirent des ficelles, mais ne connaissent de l’amour ni le risque, ni les délices.

    Hanna Waar :
    « Être complet tout seul » : seul un homme peut croire ça…

    J-A Miller : Bien vu ! « Aimer, disait Lacan, c’est donner ce qu’on n’a pas. ». Ce qui veut dire : aimer, c’est reconnaître son manque et le donner à l’autre, le placer dans l’autre. Ce n’est pas donner ce que l’on possÚde, des biens, des cadeaux, c’est donner quelque chose que l’on ne possÚde pas, qui va au-delà de soi-même. Pour ça, il faut assurer son manque, sa « castration », comme disait Freud. Et cela, c’est essentiellement féminin. On n’aime vraiment qu’à partir d’une position féminine. Aimer féminise. C’est pourquoi l’amour est toujours un peu comique chez un homme. Mais s’il se laisse intimider par le ridicule, c’est qu’en réalité, il n’est pas assuré de sa virilité.

    Hanna Waar :
    Aimer serait plus difficile pour les hommes ?

    J-A Miller : Oh oui ! Même un homme amoureux a des retours d’orgueil, des sursauts d’agressivité contre l’objet de son amour, parce que cet amour le met dans la position d’incomplétude, de dépendance. C’est pourquoi il peut désirer des femmes qu’il n’aime pas, afin de retrouver la position virile qu’il met en suspens lorsqu’il aime. Ce principe, Freud l’a appelé le « ravalement de la vie amoureuse » chez l’homme : la scission de l’amour et du désir sexuel.

    Hanna Waar :
    Et chez les femmes ?

    J-A Miller : C’est moins habituel. Dans le cas le plus fréquent, il y a dédoublement du partenaire masculin. D’un cÎté, il est l’amant qui les fait jouir et qu’elles désirent, mais il est aussi l’homme de l’amour, qui est féminisé, fonciÚrement châtré. Seulement, ce n’est pas l’anatomie qui commande : il y a des femmes qui adoptent une position masculine. Il y en a même de plus en plus. Un homme pour l’amour, à la maison ; et des hommes pour la jouissance, rencontrés sur Internet, dans la rue, dans le train…

    Hanna Waar :
    Pourquoi « de plus en plus »

    J-A Miller : Les stéréotypes socioculturels de la féminité et de la virilité sont en pleine mutation. Les hommes sont invités à accueillir leurs émotions, à aimer, à se féminiser ; les femmes, elles, connaissent au contraire un certain « pousse-à-l’homme » : au nom de l’égalité juridique, elles sont conduites à répéter « moi aussi ». Dans le même temps, les homosexuels revendiquent les droits et les symboles des hétéros, comme le mariage et la filiation. D’où une grande instabilité des rÎles, une fluidité généralisée du théâtre de l’amour, qui constraste avec la fixité de jadis. L’amour devient « liquide », constate le sociologue Zygmunt Bauman (1). Chacun est amené à inventer son « style de vie » à soi, et à assumer son mode de jouir et d’aimer. Les scénarios traditionnels tombent en lente désuétude. La pression sociale pour s’y conformer n’a pas disparu, mais elle baisse.

    Hanna Waar :
    « L’amour est toujours réciproque » disait Lacan. Est-ce encore vrai dans le contexte actuel ? Qu’est-ce que ça signifie ?J-A Miller : On répÚte cette phrase sans la comprendre, ou en la comprenant de travers. Cela ne veut pas dire qu’il suffit d’aimer quelqu’un pour qu’il vous aime. Ce serait absurde. Cela veut dire : « Si je t’aime, c’est que tu es aimable. C’est moi qui aime, mais toi, tu es aussi dans le coup, puisqu’il y a en toi quelque chose qui me fait t’aimer. C’est réciproque parce qu’il y a un va-et-vient : l’amour que j’ai pour toi est l’effet en retour de la cause d’amour que tu es pour moi. Donc, tu n’y es pas pour rien. Mon amour pour toi n’est pas seulement mon affaire, mais aussi la tienne. Mon amour dit quelque chose de toi que peut-être toi-même ne connais pas. » Cela n’assure pas du tout qu’à l’amour de l’un répondra l’amour de l’autre : ça, quand ça se produit, c’est toujours de l’ordre du miracle, ce n’est pas calculable à l’avance.

    Hanna Waar :
    On ne trouve pas son chacun, sa chacune par hasard. Pourquoi lui ? Pourquoi elle ?

    J-A Miller : Il y a ce que Freud a appelé Liebesbedingung, la condition d’amour, la cause du désir. C’est un trait particulier – ou un ensemble de traits – qui a chez quelqu’un une fonction déterminante dans le choix amoureux. Cela échappe totalement aux neurosciences, parce que c’est propre à chacun, ça tient à son histoire singuliÚre et intime. Des traits parfois infimes sont en jeu. Freud, par exemple, avait repéré comme cause du désir chez l’un de ses patients un éclat de lumiÚre sur le nez d’une femme !

    Hanna Waar :
    On a du mal à croire à un amour fondé sur ces broutilles !

    J-A Miller : La réalité de l’inconscient dépasse la fiction. Vous n’avez pas idée de tout ce qui est fondé, dans la vie humaine, et spécialement dans l’amour, sur des bagatelles, des têtes d’épingle, des « divins détails ». Il est vrai que c’est surtout chez le mâle que l’on trouve de telles causes du désir, qui sont comme des fétiches dont la présence est indispensable pour déclencher le processus amoureux. Des particularités menues, qui rappellent le pÚre, la mÚre, le frÚre, la sœur, tel personnage de l’enfance, jouent aussi leur rÎle dans le choix amoureux des femmes. Mais la forme féminine de l’amour est plus volontiers érotomaniaque que fétichiste : elles veulent être aimées, et l’intérêt, l’amour qu’on leur manifeste, ou qu’elles supposent chez l’autre, est souvent une condition sine qua non pour déclencher leur amour, ou au moins leur consentement. Le phénomÚne est la base de la drague masculine.

    Hanna Waar :
    Vous ne donnez aucun rÎle aux fantasmes ?

    J-A Miller : Chez les femmes, qu’ils soient conscients ou inconscients, ils sont déterminants pour la position de jouissance plus que pour le choix amoureux. Et c’est l’inverse pour les hommes. Par exemple, il arrive qu’une femme ne puisse obtenir la jouissance – disons, l’orgasme – qu’à la condition de s’imaginer, durant l’acte lui-même, être battue, violée, ou être une autre femme, ou encore être ailleurs, absente.
  • judith
    judith
    October 2013 modifié
    Hanna Waar :
    Et le fantasme masculin ?


    J-A Miller : Il est très en évidence dans le coup de foudre. L’exemple classique, commenté par Lacan, c’est, dans le roman de Goethe (2), la soudaine passion du jeune Werther pour Charlotte, au moment où il la voit pour la première fois, nourrissant la marmaille qui l’entoure. C’est ici la qualité maternante de la femme qui déclenche l’amour. Autre exemple, tiré de ma pratique, celui-là : un patron quiquagénaire reçoit les candidates à un poste de secrétaire : une jeune femme de 20 ans se présente ; il lui déclare aussitôt sa flamme. Il se demande ce qui lui a pris, entre en analyse. Là, il découvre le déclencheur : il avait retrouvé en elle des traits qui lui évoquaient ce qu’il était lui-même à 20 ans, quand il s’était présenté à sa première embauche. Il était, en quelque sorte, tombé amoureux de lui-même. On retrouve dans ces deux exemples les deux versants distingués par Freud : on aime ou bien la personne qui protège, ici la mère, ou bien une image narcissique de soi-même.

    Hanna Waar :
    On a l’impression d’être des marionnettes !

    J-A Miller : Non, entre tel homme et telle femme, rien n’est écrit d’avance, il n’y a pas de boussole, pas de rapport préétabli. Leur rencontre n’est pas programmée comme celle du spermatozoïde et de l’ovule ; rien à voir non plus avec les gènes. Les hommes et les femmes parlent, ils vivent dans un monde de discours, c’est cela qui est déterminant. Les modalités de l’amour sont ultrasensibles à la culture ambiante. Chaque civilisation se distingue par la façon dont elle structure le rapport des sexes. Or, il se trouve qu’en Occident, dans nos sociétés à la fois libérales, marchandes et juridiques, le « multiple » est en passe de détrôner le « un ». Le modèle idéal de « grand amour de toute la vie » cède peu à peu du terrain devant le speed dating, le speed loving et toute floraison de scénarios amoureux alternatifs, successifs, voire simultanés.

    Hanna Waar :
    Et l’amour dans la durée ? dans l’éternité ?

    J-A Miller : Balzac disait : « Toute passion qui ne se croit pas éternelle est hideuse (3). » Mais le lien peut-il se maintenir pour la vie dans le registre de la passion ? Plus un homme se consacre à une seule femme, plus elle tend à prendre pour lui une signification maternelle : d’autant plus sublime et intouchable que plus aimée. Ce sont les homosexuels mariés qui développent le mieux ce culte de la femme : Aragon chante son amour pour Elsa ; dès qu’elle meurt, bonjour les garçons ! Et quand une femme se cramponne à un seul homme, elle le châtre. Donc, le chemin est étroit. Le meilleur chemin de l’amour conjugal, c’est l’amitié, disait en substance Aristote.

    Hanna Waar :
    Le problème, c’est que les hommes disent ne pas comprendre ce que veulent les femmes ; et les femmes, ce que les hommes attendent d’elles…

    J-A Miller : Oui. Ce qui objecte à la solution aristotélicienne, c’est que le dialogue d’un sexe à l’autre est impossible, soupirait Lacan. Les amoureux sont en fait condamnés à apprendre indéfiniment la langue de l’autre, en tâtonnant, en cherchant les clés, toujours révocables. L’amour, c’est un labyrinthe de malentendus dont la sortie n’existe pas.

    Propos recueillis par H. W.

    (1) Zygmunt Bauman, L’amour liquide, de la fragilité des liens entre les hommes, Hachette Littératures, « Pluriel », 2008.-

    (2) Goethe, Les souffrances du jeune Werther, LGF, « le livre de poche », 2008.-



    (3) Honoré de Balzac, La comédie humaine, vol. VI, Études de mœurs : scènes de la vie parisienne,
  • judith
    judith
    October 2013 modifié
    Les psychanalystes et l’amour


    En 1909, Freud voyage aux États-Unis en compagnie de Jung et de Ferenczi. Freud est invité par Stanley Hall à prononcer une série de conférences à la Clark University (Massachusetts).

    Chez les psychanalystes fondateurs, une certaine division s’est faite autour du concept d’amour.

    « Ceux pour lesquels la notion majeure est le pÚre, donc le masculin, l’intellect, ont rejeté l’idée d’amour », explique Michel Cazenave, écrivain et philosophe.
    Ainsi, pour Sigmund Freud, l’amour ne serait qu’une illusion destinée à nous faire oublier que nous sommes là pour procréer, un point, c’est tout.
    Sur ses traces, Jacques Lacan a ironisé en parlant de « l’amûr », qu’il identifie à une sorte d’amour courtois suranné qui n’est qu’une « sublimation illusoire ».

    En revanche, nous retrouvons l’idée d’amour chez ceux pour qui la notion primordiale est la mÚre :
    Sandor Ferenczi, un des disciples de Freud, a appuyé toute son œuvre sur le sentiment amoureux aprÚs s’être séparé de son maître pour mettre en avant le primat de la mÚre sur le pÚre.
    Carl Gustav Jung a terminé son autobiographie par une longue réflexion de plusieurs pages sur « le mystÚre de l’amour ».
    Et enfin, Françoise Dolto employait l’expression « cœur à cœur » pour caractériser le tissage entre sensations du corps et sentiments, aussi bien dans la rencontre de deux adultes que dans la relation mÚre-enfant.(Elle a partipé à l'émission d'Apostrophes consacrée àla sexualité féminine. Cliquez ici pour rvoir cette émission).
  • judith
    judith
    October 2013 modifié
    C'est très long j'avoue mais j'ai trouvé des réponses qui ont ramené d'autres questions :lol:

    Je pense particulièrement a maou...
  • judith
    judith
    October 2013 modifié
    missjade a écrit: »
    trés beau post ma choute

    oui, idéal être un et pourtant deux.......

    lacan veut certainement dire qu'avant de vouloir donner de l'amour il faut déjà savoir ce que c'est et que celui a qui on le donne le sache aussi.....je pense que les relations de "transition" servent à cela, à nous ouvrir les yeux......je crois également que l'amour doit etre synchrone dans la vie de ces deux personnes pour qu'il puisse éclore et vivre


    bref il ne suffit pas qu'on s'aime

    Possible c'est nous qu'on donne un sens a ce qu'il nous arrive...

    Mais a "SOI" on accède avec l'aide de "l'autre"...
  • missjade
    missjade
    January 2014 modifié
    c'est absolument magnifique merci chérie


    un pan entier s'ouvre là ou les mots ont posés.....si on exige une garantie il n'y a plus de confiance


    il faut vraiment que je manipule ce concept là pour en construire qqchose de bon pour l'avenir
  • ileautrésor
    ileautrésor
    January 2014 modifié
    ouh là là j'ai pas tout lu! mais c'est bien d'avoir de la lecture pour le week-end ;-)

    merci en tout cas d'avoir expliqué la citation de Cyberos (bon si c'est de Lacan c'est normal que j'ai eu du mal à la comprendre!) lol :-)
    Lacan c'est lui qui parle du stade du miroir: l'enfant se reconnait dans un miroir, il a conscience d'être lui, c'est la jubilation ... spectaculaire? (c'est pas ça il est temps que je remette le nez dans mes cours) :-)
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