Bonjour à tous. Lettre à celle qui porte un prénom connu. Tu es ma vérité,
Comment te dire, te faire comprendre ce qui de toi m’émeut ?
Ce qui m’enflamme lorsque je me regarde en toi et qu’au fond de ton âme une voix me parle, comme Dieu parle parfois aux fous et leur commande d’accomplir en son nom les actions les plus déraisonnables ?
Comment t’exprimer le vertige qui s’empare de moi lorsque je suspends mon regard à tes prunelles, si odieusement belles ? Lorsque mon esprit glisse le long de tes cheveux pour s’étaler sur ta joue ?
Ce que ressens alors est comme cette naissance d’une vérité que j’ai toujours cherché, celle de l’universalité, celle de l’essence d’une vie qui m’offrirait librement ma vraie place.
Tous mes essais, toutes mes erreurs, toutes mes recherches et mes découvertes, au hasard des chemins que j’ai parcouru jusqu’à te voir, révèlent alors ensemble, comme venus du passés, leurs véritables significations, et leurs sens trop longtemps cachés.
La musique me souffle ses secrets avec tendresse, les couleurs du monde et l’agitation des gens, se mettent soudain en scène devant moi, formant une pièce que je comprends.
Tous les mystères percés depuis le début des temps, et ceux que d’autres perceront avant le néant, me sont par toi divulgués, sans même que tu ais eu à m’en parler d’un seul.
J’ai mal de cette évidence qui s’affirme à moi et qui hurle avec elle sa cruelle sentence, son injonction à te laisser exister hors de moi, à te vivre en spectateur, et à me replonger dans l’ignorance et l’aveuglement de l’errance éternelle. J’ai mal, mais qu’importe…
Qui à dit que l’amour est aveugle ne t’as pas aperçu ni même osé t’imaginer, car tu es la vision même de ce qu’est l’amour, et de ce qu’avec lui, veut dire la vie.
Souffrir pour qui l’on aime, et aimer pour qui l’on souffre, telle est la vérité qui résume toutes les connaissances du monde, et les réduits à des notions diffuses et trop vagues pour en garder en face la moindre importance.
Pour une solitude avec toi, je donnerais la dévotion de la multitude, je donnerais mon orgueil et mes projets.
Pour que mon cœur batte une minute dans le tien, je veux bien le laisser ensuite s’arrêter pour toujours. Pour que mes yeux te gardent comme la dernière chose que j’ai vu, je veux bien les perdre. Pour respirer ton souffle je laisserais s’échapper l’oxygène qui me tient en vie. Pour entendre ton rire je cesserai d’écouter le moindre son. Pour toucher ta peau je supplierais qu’on me tranche les mains, et pour m‘endormir sur ton ventre en respirant ton parfum, j’aspire à ne plus jamais me réveiller.
Oh, toi ma vérité, laisse-moi te faire connaître celle que tu es, et que j’ais vu en toi. |