Le coeur oublié Sur le bord du chemin j’ai trouvé l’autre jour
Un petit cœur blessé qu’on avait jeté là.
Il n’était pas du rang d’un cœur de Pompadour,
On aurait dit plutôt celui de traviata.
Ayant par trop souffert d’un tragique parcours
Débutant dans la joie pour finir en éclats.
J’ai alors pris ce cœur dans le creux de ma main,
Pauvre petit oiseau qui est tombé du nid,
Le ciel t’a frappé d’un éclair assassin
En te faisant savoir que l’amour t’a banni.
Ton prince t’a laissé sur le bord du chemin,
Avec grande douleur pour seule compagnie.
J’ai réchauffé le cœur en lui soufflant dessus,
Comme on fait en hiver pour les doigts d’un enfant
Et la chaleur aidant, j’ai alors bien perçu,
Du petit malheureux, le premier battement.
Et quand-il fut sauvé, je ne fus pas déçu
Par les remerciements du cœur reconnaissant.
Et c’est lui à ce jour qui réchauffe mon coeur.
En venant partager ma claire chaumière,
Qu’il parfume à l’envi comme une belle fleur
Et inonde ma vie d’un trait de lumière.
Mais il va se cacher, quand chasse le seigneur,
Alors qu’il va chercher de l’eau à la rivière. |