Meurs Désolée, en prélude à ce poème, je tiens à préciser que mon voisin hurle des atrocités depuis des heures, je n'en peux plus.
Je suis la sourde rancœur de Liloo, celle qui s’insinue dans son âme, qui respire dans ses entrailles.
Je suis l’envie furieuse de meurtre de Liloo, celle qui finit par commander à son bras de fouiller dans ce tiroir à la recherche de cette lame aiguisée, trop souvent admirée, jamais testée.
Je suis la folie complète de Liloo, celle qui fait lever de ce bras armé pour enfin atteindre son cœur, à cet énergumène qui me fait perdre ma journée en hurlant comme un porc, en renversant ma quiétude, dérangeant cette placidité qui m’entourait depuis cette douce matinée.
Je le hais cordialement cet intriguant tout juste aperçu, mais à jamais détesté, le son de sa voix ourdi une bataille furieuse contre la moralité.
Celle qui ne justifie pas un corps meurtri, tailladé, dépecé, blessé, tué.
Ce ton qui monte, ses mots qui blessent, son attitude intolérable, sa haine et sa bêtise mariées font de cette chose le rebus de tout ce que j’exècre, ce que je hais intrinsèquement.
Meurs, je t’en conjure, éteints toi enfin, que je puisse respirer et libérer mon esprit de ta présence, de cette voix monstrueuse, de cette envie terrible de faire l’inavouable, de te planter doucement cette amie luisante pour qu’elle fouille le tréfonds de ton cœur, ce que tout être humain possède, même toi.
Je te conjure de te taire, pour que l’autre en moi s’apaise, qu’elle retourne paître dans ses champs secrets, s’allonger sur l’herbe fraîche de son jardin intime, rentrer dans la camisole de son éducation et de son respect.
STOP tais-toi, j’arrive…
__________________ «Là où règne la puissance, il n'y a pas d'amour; où règne l'amour il n'est pas besoin de puissance.» |