Le temps d'un baiser Les rues regorgent de gens pressés,
De passants qui passent leur temps
A le tuer, attendant, entassés,
Qu'il passe, qu'il passe et pourtant...
Ils s'enlacent, se couvrant de baisers,
S'enduisent de parfums entêtants,
Puis s'oublient dans le feu d'un brasier,
Où leurs corps se consument, haletants.
A la tendre étreinte, sur l'épaule apaisée,
Se mêlent les mots dénués de tourments,
Laissant loin leurs douleurs épuisées,
Ils longent l'heure, alors, délicieusement.
On dirait que l'amour est venu déposer
Des nuées de couleurs sur le lit des amants,
Qui repeignent le jour de leurs lèvres rosées
Et tissent dans la nuit de tendres filaments.
Le temps d'une étreinte, d'un baiser,
Le temps se tait l'espace d'un instant,
Suspend son vol, par un regard, brisé,
Mais le rapace repasse pourtant...
Emportant les âmes des amants enlacés
Dans une danse où l'éternité les attend.
__________________ "L'harmonie la plus douce est le son de la voix
de celle que l'on aime."
Jean de la Bruyère |