Par la main de l'avenir O temps impalpable! O vie monotone!
D'inutiles attentes et d'espérances tronquées!
Poètes déçus par ces jours mornes,
Evadez vous, admirez les strates élevées,
Ces nuages, ces déchirures, cet au-delà,
Ces humains les uns sans les autres
Sous ce ciel courbattus, résignés.
Des milliards d'êtres que la vie dévore
Qui, tristes et rêvant encore
Enfermés dans leur geole continuent toujours
Dans la banalité des souffrances de chaque jour.
Aux plaintes assourdies de leurs voix inaudibles,
Au théatre affolant de leur espoir tenace,
Ainsi de l'univers tout entier les êtres respirent,
Tous bien nés et vivant la douleur partagée.
Alors vous composez dans cet enfer banal,
Des tourments de la terre vous clamez la douceur,
Vous reniez l'univers un instant et votre âme
Cicatrisée renie la banalité de ce monde dérisoire.
Tout est perpéuellement en lutte, en guerre,
Vous êtes le maître absolu de votre royaume.
Sans effleurer la haine, vous essuyez les larmes passagères.
Vous avez besoin d'une muse, d'une égérie, d'un dieu
Pour lui expliquer vos doutes, vos craintes.
La nature impassible est sourde à vos prières
Alors vous vous tournez vers l'invisible, l'incréé
Afin de sécher les larmes de celui qui a mal.
L'homme abandonné à ses maximes, à ses doutes
Cherche en vain des tuteurs, des appuis
Pour mêler aux douleurs de vains plaisirs.
Je ne sais rien de ce qui pourrait être...
L'homme est l'empereur de sa destruction
Parfois il verse son sang sans savoir
Puisqu'il fût créé, il fût aussi fait pour mourir.
__________________ Ecrivain ainsi chaque nuit
Veilleur de ces ombres épaisses
Une déesse courbée sur ton front
Et toi si pur dans ma mémoire...
Auteur : Horizon lointain |