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Vieux 07/05/2007, 13h12
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Il y a ceux qui viennent sur le forum en disant : " Il s’est passé cela ; quand pensez-vous ? " et ceux qui disent : " J’ai envie de faire cela ; quand pensez-vous ? ". La démarche est différente. La manière de répondre doit aussi, je pense, être différente. Tout d’abord, tu sembles avoir réfléchie et avoir fait ton choix et c’est une bonne chose parce qu’il ne faut pas venir chercher ici le cautionnement ou des raisons factuelles de vouloir entreprendre ce qui s’apparente à une aventure alors que tu es la seule à véritablement pouvoir estimer et décider du bien fondé de l’assouvissement de tes pulsions. En la matière, il n’existe pas de bonnes recettes, ni d’expérience à reproduire.

Cependant, je pense que tu fais erreur sur plusieurs points : le premier, c’est d’envisager une relation avec cet homme qui ne serait que du sexe, parce qu’une relation uniquement sexuelle est très rare, peut être parfois pour un one-shot avec un(e) inconnu(e) ou dans le cadre d’une prestation de service. Tu évoques le "coup de folie" mais tu sais que tu ne vas pas aller au devant de ce garçon dans cet état d’esprit, qu’il est trop tard parce que tu as intériorisé beaucoup plus de choses pendant un an, beaucoup plus de choses que du sexe et le fait que tu réfléchisses, que tu attendes aussi, subliment et préparent des rapports que ne seront pas que sexuels d’autant plus que tu vas découvrir de lui tout un pan que tu ne connais pas, un pan affectif qui peut très bien percuter. Il représente également à tes yeux celui qui sera un initiateur, le premier amant, l’acteur de l’infidélité et il est paradoxal de penser que tu attendes à la fois quelque chose absolument unique et différent et en même temps, que cela génère une telle appréhension, un tel malaise, perceptible dans le temps que tu as mis à ne pas te convaincre. Cela l’apparente aussi à un repoussoir et je ne crois pas tu veuilles lui faire cadeau de cette indisposition comme je ne crois pas que lui puisse mettre uniquement le mot sexe sur ton attitude.

La seconde, c’est d’expliquer en partie cette pulsion (et te justifier par rapport à ton compagnon) comme un rattrapage sur un besoin qui n’aurait pas été rempli en temps et heure. On ne rattrape pas ce qui est vécu comme une carence du passé par un désir du moment. Un désir n’est pas comme un ingrédient sur la liste de marché de la vie. On ne peut pas dire : Se sentir sensuelle, sexy, femme : FAIT. Se sentir mère, femme, génitrice : FAIT . Se sentir pure, vierge, fait : FAIT Se sentir épouse, fidèle, présente : FAIT etc… Les choses ne viennent pas comme des expériences à vivre qui s’effaceraient au fil de leurs réalisations et ton malaise principal porte, comme le montre le cheminement de ta réflexion, sur le couple. Il est difficile de former un couple total, un couple qui inclut la fidélité, la sexualité, la famille, l’épanouissement social et professionnel. Aujourd’hui tu as cette tentation de former des couples : un couple pour la fidélité, un couple pour le sexe, un couple pour l’émulation cérébral ou professionnel alors qu’il suffit de convenir que le couple n’est pas la meilleure forme de relation, disons pas la plus simple, donc que c'est un modèle de sacrifice et que ne pas les accepter, c’est se mettre d’autorité hors de cette forme de relation. A défaut d’exigence, il est tentant d’argumenter sur le coup de folie, sur le coup de sexe et de construire un couple éphémère (voir le plus bref possible) en opposition avec un couple qui dure pour pouvoir nier l’importance par la brièveté. C’est une facilité qui se décompose à l’instant même où le plaisir est vécu. Et comme le vide appelle le vide, la vie appelle la vie et l’envie appelle l’envie.

La troisième, c’est de penser qu’une fois passé outre et avoir commis cette pulsion, ta conscience va gentiment s’endormir sur ses deux oreilles. Autant tordre le cou à cette facilité. Le vivre-avec est beaucoup plus difficile à étouffer que le passé outre et toi qui te dis cérébrale et intériorisée dans ta relation, tu n’as pas fini d’avoir les pensées étouffées et les yeux ouverts dans le noir auprès de ton amour (ta sécurité) endormi à coté de toi. Cette part d’égoïsme que tu assumes sur le moment (et c’est toujours plus facile quand la motivation est si proche) et que tu revendiques avec lucidité, il faut aussi que tu saches qu’elle ne te quittera plus et que, puisque tu as décidé de mener tes ébats en champ clos, s’il arrivait que cette relation ne soit plus secrète, on ne pardonne pas à quelqu’un qui est égoïste. C’est un cercle fermé. Ce qui est pris au nom de l’égoïsme et également rendu en son nom. Avec en proportion du désir celle de la souffrance.

Quand tu auras cerné et envisagé correctement ces trois points, tu seras prête. A quoi ? A toi d'y répondre.
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Tout l’or du monde est dans tes yeux, dommage.
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