Les hommes sont comme les enfants. Quand on leur demande à quels jeux ils voudraient jouer, ils citent toujours les mêmes, ceux qu'ils connaissent ou ceux dont leurs copains leur ont parlé. De même, ils pensent qu'en s'appropriant un jouet, il leur donnera le même plaisir que celui qu'ils ont vu dans les mains d'un autre. Evidemment, c'est très difficile ensuite d'avouer que l'on a été déçu par un fantasme, qui est souvent une demande personnelle, une prise de risque ou même une forme de mise en danger. Alors on se console de sa paresse et de son manque de profondeur en fanfaronnant, les hommes sont aussi très forts pour cela.
Les véritables fantasmes sont à rechercher dans l'Oneiros. Ce qui les rend passionnant et si intéressant, c'est qu'ils naissent à la bordure de l'inconscience. Ces fantasmes sont la réalisation déformée d’un désir inconscient et par ce fait sont souvent impossible à dénouer au premier abord. il faut les ramener dans le réel un peu comme on lutte avec un poisson trop gros accroché à un fil trop fin. Là, il n'est plus question de sous-vêtements rouges, de voyeurisme masturbatoire ou de "pourquoi pas un bain de minuit ?". Là, il est question d'oeuvre d'art, de savoir pleinement partagé et consommé, d'une forme de pensée qui n'est pas dans le fouet érotique mais dans la main qui manie le fouet. Le fantasme, c'est humain. Le reste, c'est ce que dit Eden, du divertissement, de la mise en scène érotique ou pornographique théâtralisée qui joue sur l'interdit, des pulsions plus ou moins collectives et molles. Un triste livre d'ingrédients sans recettes.
__________________ Tout l’or du monde est dans tes yeux, dommage. |