Tu peux haïr et tu peux apprendre. L’un va rarement avec l’autre. Tu peux apprendre que les mots peuvent n’être chargés que du sens que tu as voulu leur donner, tu peux apprendre que l’apparence est un piètre allié ou un joli masque, tu peux apprendre que les gens ont des raisons que la raison ignore souvent à tort. Tu peux apprendre.
Serais-tu infiniment mieux si tu avais partagé le lit de cette femme avec des beaufs moches, cons, prétentieux, incultes ? A la liste, tu aurais pu rajouter naïf, crédule, superficiel, minable et branleur. Penses-tu qu’à la force de ta queue et de ton amour si pur tu aurais pu lui dicter la vie que tu aurais voulu avoir avec elle ? Je suis au regret de te dire que cette femme t’a protégé. Que ce soit par pitié, par mépris ou simplement par méchanceté, elle n’a pas voulu te faire entrer dans sa cour, son jeu et ses règles. Si aujourd’hui tu n’es qu’un torchon avec un énorme noeud et pas un torchon plein de merde, c’est uniquement grâce à elle parce que tu étais aussi aveugle qu’un oiseau qui se cogne sur une fenêtre fermée.
La Terre a de nombreuses raisons de tourner. Le cul et le fric en font partie. Ceux qui ne tournent que pour eux, aussi. Ils n’ont pas pour cela vilaine figure ou modeste extraction, ce ne sont pas tous des putains variolées. Ils sont d’une autre sphère que la tienne et tu l’as tutoyé l’instant d’un émoi profond. La vengeance n’est pas dans tes valeurs. Te venger, c’est resté au contact de cette chose si aberrante pour toi. Te venger, c’est perdre ou te perdre, quelque soit l’issue. Te venger, c’est te changer, te transformer mais c’est peut être cela que tu veux aujourd’hui ?
__________________ Tout l’or du monde est dans tes yeux, dommage. |