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Vieux 23/01/2007, 11h22
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C'est devenu une habitude d'associer la fréquence des texto à l'intensité de "l'amour que je te porte". C'est devenu une prolongation de la pensée amoureuse, une manière de matérialiser le "je pense à toi" à tout heure du jour et de la nuit. Est-ce une bonne chose ? Personnellement, sans le rejeter et sans non plus défendre les autistes du téléphone, j'aurais tendance à dire : non. Pour plusieurs raisons :

Tout d'abord, il ne restitue pas la pensée dans sa puissance mais uniquement dans sa fréquence. C'est la grande nuance entre le penser fort et le penser souvent. Rien que pour ce défaut de gradation, il peut être très dangereux et la base d'un quiproquo douloureux.

Ensuite, la nature de toute pensée ( et en particulier la pensée amoureuse) est de ne pas avoir de support. Elle flotte, bourgeonne, s'épanouit, vagabonde. C'est un mouvement permanent, un brassage d'imaginaires, d'idées, d'envies, de désirs, de sens, de souvenirs. C'est un magma plus ou moins chaud, ce que médilune appelle certains soirs une déprime mais d'autres soirs une folle envie d'y être. Le texto est comme une toute petite photo de cette pensée. Comme les photos, il a l'avantage d'avoir une existence et une force d'évocation réelle. On peut le relire, se souvenir à quel moment il est associé... etc... et c'est bien. Mais il est figé, plaqué à un instant T et finalement bien pauvre par rapport à la totalité de ce qui nous traverse. Certains refuseront alors ce petit véhicule pour leurs pensées, comme une congestion pénible parce qu'à leurs yeux le texto restera un support artificiel pour leurs sentiments, une première manière de se mentir.

Enfin, la seconde manière de se mentir, c'est qu'il renvoie inlassablement à la phrase "j'ai pensé à toi" ou plus généralement au "à quoi penses-tu". C'est une phrase égoïste, intrusive. Elle perfore l'autre, voir peut même le culpabiliser : Elle a pensé à moi !!! Mais moi, à quoi ai-je pensé ? Pensons-nous à égalité ? C'est une question essentielle dans la vie d'un couple, difficile et forcément parce qu'il n'y a pas de graduations des pulsions intérieures et que chaque individu apporte ses propres sentiments à sa propre mesure. C'est un question souvent abordée, surtout dans les débuts d'une relation le "dis-moi comment tu m'aimes" et qui n'est jamais complêtement explorée parce qu'elle renvoie à des différences alors que le couple veut à toute force se rassembler. Le texto entraine une réponse automatique, un "à toi, à moi" qui n'est plus une attention mais tout son contraire, une évacuation aussi légère que son message, une habitude qui va finir par devenir lourde de conséquence quand elle déteint dans les rapports humains.

Donc dans un cas comme dans l'autre, les risques existent, c'est même assez révélateur dans la phrase de Bubulle qui parle à la fois de "petites attentions" mais également de "beaucoup d'efforts". Par contre, je suis également d'accord avec toi Bubulle, il faut trouver sa mesure, la tienne (deux/semaine) semble très raisonnable. Le problème serait-il ailleurs ?
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Tout l’or du monde est dans tes yeux, dommage.
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