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Vieux 22/01/2007, 17h59
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L’amour n’est pas un mythe mais il retrouve le sens des grands mythes de l’humanité, dans le sens où il nous montre que la raison ne suffit pas pour tout expliquer, que la réalité s’étend bien au-delà de ce qui est calculable et sensible, et que l’intuition peut nous faire entr’apercevoir des réalité que la raison ordinaire refuse à reconnaître. L’amour est une forme de métaphysique : comme la métaphysique, il imagine des possibles. On définit la métaphysique comme la science de ce que l’on ne peut pas savoir, ce qui ne l’a pas empêchée d’être une source fertile de connaissances. L’amour procède de la même manière parce qu’il est collé au monde.

Aujourd’hui, nous sommes dans un monde de plus en plus cartésien et scientifique. L’objectivité scientifique favorise une approche du monde rationnelle et elle est devenue un mode de pensée dominant. Il est donc devenu normal d’étudier l’amour sous toutes ces formes : sous la lumière d’une résultante d’hormones et de stimulii nerveux par exemple, ou celle d’une évolution des mentalités et de la société si on est sociologue, celle du nivellement du pouvoir d’achat des classes moyennes si on est économiste...etc...

Pourtant, tous les jours l’intelligence reconnaît son inaptitude à comprendre l’amour et à le régenter. Tous les jours les psychologues, les psychiatres, les neurologues, les médecins au sens large, les philosophes, les gardiens des carcans les plus étroits de la morale ou les apôtres de la liberté absolue des moeurs se prennent les pieds dans le tapis et nous disent à leur manière que l’amour est absurde et le monde peuplés d’êtres irrationnels. Mais ce n’est pas l’amour qui est absurde, c'est la confrontation de son caractère irrationnel avec l’absolue nécessité, le désir éperdu d’explications qui nourrit l'esprit des hommes. L'amour, c'est le temps de penser, c'est ce qui fait qu'il semble disparaître derrière ce que schilacci appelle "un monde roulant à cent à l'heure" mais il est toujours là.

Je vais utiliser une métaphore facile à comprendre. Les fantômes se conçoivent mieux en pleine nuit qu’en plein midi et pourtant, midi contient tout autant de fantômes que minuit. La lumière de midi demande juste de meilleurs yeux et un autre angle de vision pour apercevoir les mêmes fantômes. C’est la même chose avec l’amour. Pour le percevoir, il faut chercher sa vision et l'isoler de la vision générale. Ce que l’écrivain transcende par son génie dans le calme de son écritoire, beaucoup de gens le font à leur manière dans leur vies, dans le secret de leurs carnets, dans la confession à un proche, sur un blog, dans la création artistique, dans la rencontre avec d'autres, dans l'échange de leurs perceptions les plus simples, dans des gestes désespérés et beaux, des élans pathétiques ou splendides que personne ne viendra chanter sous la voûte des cieux.

Quand aux balivernes de la mythologie grecque, il y a bien longtemps qu’elles se sont distillées en toi, qu’elles ont infusées notre monde occidental, tu en es le fruit inique.
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Tout l’or du monde est dans tes yeux, dommage.
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