Répertoire ...maintenant que je t’ai juré fidélité,
si j’aime des détresses vêtues de chairs vivantes,
si j’aime le malheur visible dans un corps,
que les chairs meurent ! et qu’il meure, ce corps !
et qu’il souffre avec moi, et qu’il souffre pour moi,
comme je vais dormir désormais à grands pas
lentement dévoré cellule par cellule
du feu cruel de cet amour lucide.
Je ne peux plus te trahir, tu vois bien ;
« je suis mortel » ; ces mots sont la douceur du vide
qui veulent dire : « je suis à toi ».
Je suis mortel ! Mortel ce que j’aime en ton nom !
Mais le jour de ma mort est interminable.
A la Néante (extrait)
p81 Le Contre-Ciel
René Daumal
__________________ Tout l’or du monde est dans tes yeux, dommage. |