Discussion: Fracture du temps.
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Vieux 24/04/2004, 12h42
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J'ai écrit avec mon sang sur ta peau de velours,
Mon sang d'encre, il est pour toi, je te l'avoue
Sur une grande page blanche tu trouveras la candeur virginale.
Tu prendras mon sang pour graver ta mémoire,
Garde le, ne le gaspille pas, il est si précieux.
Délie les mots sous l'écorce de mon arbre traversé d'une sève ancestrale.
L'humanité est entrain de mourir sans s'en appercevoir...

Tombé
Le couperet
De la guillotine
Dans l'ignorante cervicale
Tes yeux assècheront les rires.

Tu te dresseras en illusion précaire de l'esprit,
Orchidée sexuée de rigueur,
Mais animé,
Sans fragrance, ni désir.

Puisque le temps ne revient plus
Dans la geole pure
Volupté!

Ainsi le paroxisme, l'extrème perfectible
S'aventure fendant en douceur
La corole d'une fleur vestale.
Le feu de mes entrailles en offrande à ta vivacité.

Je te vois revêtu d'une chemise de lin
Tissée de lianes végétales
Soumis aux rêves d'un naufragé.
De quel bon sang de bois
Te réchaufferas-tu?

Dans le désordre incandescent de tes pensées,
Je tremperai ma plume d'encre jaune
Sève hémorragique en pluie
Innocence des moussons.

Les lèvres arides, la langue pendue
La nuit salvatrice, le partage des os
Dans la cloison de ton asie incendiaire
A flanc traversé par l'éclair
Sous l'ombre d'or un éclat triomphe
Mon aberration, mon origine, mon paradis.

Je suis venue de loin par veines de sang
Et le sommeil qui me hantait
Laisse à ma raison une indolence de soie.
Peu de traces sur mes chemins,
Mais ton regard discrètement s'y installe
Et tu vois des soleils dans mes abysses.

Sur ma gorge nue tes mains nomades,
Sur mes hanches le frisson de ton souffle,
Et, dans l'obscurité sanguinolente des soleils,
Elles s'attardent en cascades
Sur les paysages de nos rêves
Où dans l'opressante réalité
S'entremêlent nos corps amants.

Bien sur le sang bouillonne à la lisière du plaisir
La bête féroce finira par trouver sa proie!
Alors nous entrerons dans le domaine des dieux
Sans passé, ni méa-culpa.

Vite serrons nous l'un contre l'autre
Impatients de goûter la chaleur de nos sangs:
Mon sang d'ébène
Ton sang or.

Tu es légendaire
L'aube se lève sur tes yeux
J'oublie le dégout de tout et le gout de rien.

Tu t'étends nu, vaporeux, sur des chemins de vase
Et tout ceci par amour d'un corps,
Double jouissance,
Pause en accent partagée.

J'importe en ma lande ton visage
Comme ces terriens qui gardent secret
Les péchés qu'ils se sont imposés.

Sous la marine de sel,
Ton image est lieu de saveur.
Que tu viennes à mourir
Tu me rongerais le coeur!

Dans une nuit ecclésiastique
Brûlent deux corps passionnés.
Leurs sangs noir et or se mêlent...
Dans l'ombre du rivage
Le bruit des vagues aux rives capitales
Remontent le courant où nous fûmes épris.
Miroir sans tain d'un horizon virginal
Hyménée, nos sangs mélés,
En une longue plainte, se sont écoulés
A la source du désir.

Usant et abusant des tabous transgressés,
Le chatiment des hommes au dessus de nos têtes.
Seules, s'exaltent nos tendresses blanches
Dans l'ombre séniles des décrets.

Et ta main, qui caressait mon sexe
Inconsolable, pleure mon hymen encore humide.

Bientôt viendra le temps des cerises
Dans le ciel zébré de nos éclairs d'or.
__________________
Ecrivain ainsi chaque nuit
Veilleur de ces ombres épaisses
Une déesse courbée sur ton front
Et toi si pur dans ma mémoire...
Auteur : Horizon lointain
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