Discussion: Entrez...
Afficher un message
  #1  
Vieux 19/05/2006, 00h31
Avatar de MissLiloo
MissLiloo MissLiloo est déconnecté
 
Date d'inscription: avril 2006
Messages: 27
Envoyer un message via MSN à MissLiloo
Par défaut Entrez...

Cette douce tiédeur qui caresse ma peau fait frissonner mon épiderme, excité par cette brise, mon âme vagabonde, s’accrochant ici et là aux dentelures des feuilles buissonnantes, entourant cette coursive jouant le jeu de l’ombre et de la lumière. Et je la laisse courir et tourner, visiter et découvrir ce jardin si étrange à cette nuit tombée.
Nuit dans mon âme, nuit dans mon cœur, autrefois si éclairé par cette étincelle désormais éteinte, dont l’oxygène s’amenuisant tout doucement a laissé mourir petit à petit le dernier souffle, la dernière chaleur.
Et pourtant nul froid ne vient bercer les rives de mon cœur, nulle nuit ne vient couvrir mes rêves de sa torpeur, nulle peur ne s’empare de mon âme.
La clé était là, avec cette échappée vers cette luciole jouant avec mes espoirs, cette sortie de secours devant laquelle je me suis souvent attardée sans même là regarder.
Petit à petit nos yeux s’habituent à l’obscurité, à cette pauvresse, à tâtonner inutilement, à se heurter contre ses parois humides, qui s’effritent quotidiennement.
Petit à petit notre cœur bat plus lentement, jouant le métronome menant à la baguette un concerto fantôme, sans crescendo ni silence.
Petit à petit notre plume s’assèche et les mots se tarissent, la source de notre âme disparaît à jamais, laissant quelques trop rares fossiles traces d’une richesse perdue.
Et quel constat désolant, le départ de soi même, sans même en avoir conscience, l’algorithme parfait d’un génocide intérieur, le suicide collectif de l’âme et du cœur, par orgueil teinté d’innocence.
Mais le sable qui égrène les minutes ne cesse de couler, marquant inévitablement que nul retour n’est possible, qu’aucun pouvoir ne nous habite vraiment, juste l’espoir de reprendre en main un destin utopique, bercé de douces illusions, les quelques alluvions restées de ce passé glorieux.
Je coule vers cet abîme entrevu, caressé, espéré ; envoûtée…
Cette fraîcheur sentie sur le grain de ma peau, cette chute mollement amortie sur mes cils, ce bruit se répercutant sur le sol, sur chaque brindille, me fait signe, m’interpelle, où suis-je perdue ?
Sous la lune blafarde, protégeant contre deux nuages sont droit à scintiller, luttant pour régner l’espace de cette nuit tiède et humide, ne pouvant empêcher cette bruine qui vient frapper mon corps, coulant le long de mes mains, attirée au sol et mourant absorbée, ingérée, digérée.
Luciole revient hanter mes nuits, illuminer mes jours, diriger mon orchestre et bâtir mes murs, amour, revient frapper à ma porte, je t’ouvrirais….sûrement.


Toc, toc, toc
Qui est là ?
__________________
«Là où règne la puissance, il n'y a pas d'amour; où règne l'amour il n'est pas besoin de puissance.»
Réponse avec citation