Discussion: Hum ... Je tente ^^;
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Vieux 02/01/2006, 22h42
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Date d'inscription: novembre 2005
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Par trois fois …

D’après une légende du pays de Galles


Un jour morne où la dentelle d’une brume matinale couronnait un lac lisse
Un pêcheur s’y rendit afin d’avoir de quoi remplir sa panse qui criait famine
Or, voilà qu’arrivé au centre du point d’eau, le malheureux glisse
Et tombe de sa barque pour rejoindre les eaux cristallines

La main du destin est cruelle, notre pêcheur ne sachant point nager
Bât bêtement des bras, s’époumone à supplier de l’aide, toussant et crachant.
Il finit par perdre son souffle et s’évanouit bien rapidement.
Il coule lentement vers les profondeurs qui semblent le happer.

Mais voilà que vous criez au scandale, l’air éploré.
« Quelle histoire lugubre ! Que nous racontes-tu là, conteur ?
« Crois-tu qu’un tel récit peut nous intéresser ?
« Cherches-tu à provoquer nos pleurs ? »

Calmez vos cœurs souffrants jeunes gens
Car bonne histoire nécessite la floraison de fortes émotions
Sachez que, de la suite de mon histoire, vous êtes totalement ignorants
Alors asseyez vous de nouveau et écoutez cette continuation.

Mais le lit du lac ne lui servit pas de linceul funéraire
Car une ondine le sauva du triste destin qui lui était destiné
Le hissa sur le rivage puis usa de ses pouvoirs pour qu’il ne meure noyé.
Durant une nuit entière elle le laissa guérir à la lumière lunaire.

Lorsqu’il la vit apparaître à son réveil,
Le pêcheur en tomba fol amoureux.
L’ondine lui avoua aussi ressentir sentiments pareils
Et lui promit, en bonne épouse, de le rendre heureux.

Tous deux descendirent dans les profondeurs du lac de moire
Afin d’aller demander au père de la dame des flots brillants
La permission de vivre ensemble une vie sans déboires,
Imprégnée de la tendresse et de la douceur des amants.

Notre pêcheur fut doté de branchies par sa future femme
Il fit avec joie la connaissance de la gente marine
Et arriva bientôt, par les chemins des eaux cristallines
Au palais fluide du père, couronné d’algues brillantes en guise d’oriflammes

L’ondin consentit à laisser partir sa fille, non sans tristesse.
Il leur passa au doigt une alliance faite d’herbes tressées
Et d’une voix sévère qui voulait cacher sa détresse
Adressa à son gendre ces palabres qui, dans son cœur, devaient rester gravées

« Je te donne ma douce enfant, mais tu dois d’abord m’écouter
« Si, qu’importe les conditions et les manières,
« Si, par trois fois, tu oses la frapper
« Elle reviendra vivre avec moi dans l’eau des lacs et des rivières »

Le pêcheur lui promit de ne jamais lever la main sur la belle
Et après un dernier adieu, ils remontèrent à la surface pour la vraie cérémonie.
Pour l’occasion, l’ondine se fabriqua une robe d’écume fine comme de la dentelle,
La piqua de glaïeuls et de perles d’eau contenant la lumière du Soleil de midi.

Ils vécurent en parfaite harmonie durant plusieurs années.
L’ondine mit au monde un garçon lorsque vint le printemps après leur union.
Chacun de leurs amis fut saisi par la beauté du nouveau-né :
Ses yeux miroitaient comme l’eau, ses cheveux étaient d’argent comme les écailles [d’un poisson.

Or, le peuple de l’eau n’est en aucun point pareil aux gens de la terre.
Par certaines de leurs coutumes, il arrive qu’ils puissent surprendre ou vexer.
L’ondine, même en ayant quitté son royaume liquide et son père,
Ne pouvait se soustraire aux coutumes qu’on lui avait enseignées.

Un jour, une de leurs amies vint à se marier,
L’ondine fut secouée de sanglots à peine la cérémonie commencée.
Or, en voulant la réconforter,
Tous s’aperçurent que c’était de dépit et non d’émotion qu’elle pleurait !

La mariée passa le reste de la soirée boudeuse et courroucée,
Les larmes de l’ondine ne cessèrent pourtant de couler.
Le pêcheur fut obligé de l’emmener sous les regards sévères des invités,
Et voici qu’une fois dehors, la belle redevint gaie !

Son époux, lassé par ces simagrées,
Lui donna une tape légère sur le bras.
Bien que le coup soit dénué de toute méchanceté,
L’ondine cessa de sourire et le dévisagea :

« Prends garde pêcheur !
Tu sais que tu as ta place dans mon cœur,
Mais tu ne dois point oublier
Les paroles qui, par mon père, furent prononcées. »

L’homme s’excusa, tout penaud
Et la belle lui sourit.
Elle lui prit la main pour rentrer dans leur maison au bord de l’eau
Et aller s’occuper de leur petit.

Trois années passèrent sans être troublées.
Une petite fille, cette fois, naquit dans leur maisonnée.
Mais à nouveau, ayant oublié les mœurs de ce pays « d’en haut »
L’ondine agit comme les êtres de l’eau.

Un jour d’été étouffant,
Elle se baigna dans le lac avec le plus âgé de ses enfants.
L’ondine entraîna son fils vers le centre, jusqu'à ce qu’il perde pied,
Et le regarda s’enfoncer sans esquisser un mouvement pour le sauver.

Le pêcheur vit la scène de sa fenêtre et se rua à l’extérieur.
Il plongea et nagea avec fureur,
Mais une fois arrivé à l’endroit ou son fils avait sombré
Il l’aperçut nageant avec aisance à quelques mètres sous ses pieds !

Face à la colère de son époux, l’ondine tint ces propos :
Elle lui dit que son intention n’était pas de le noyer,
Mais de faire percer en lui les capacités du peuple des eaux.
Pourquoi avait-il cru qui puisse se noyer, alors qu’il était métissé ?

Le pêcheur, furieux, passa une bonne heure à la sermonner,
Mais sa femme semblait ne rien vouloir écouter.
Oubliant les avertissement passés,
L’homme tapa sans réelle violence sur son épaule argentée.

Les yeux lumineux de l’ondine prirent une teinte triste
Elle semblait impuissante face au fait accompli.
Détournant les yeux sur les flots brillant sous le Soleil de midi
Elle prononça d’un ton sinistre :

« Prends garde pêcheur !
Tu sais que tu as ta place dans mon cœur,
Mais tu ne dois point oublier
Les paroles qui, par mon père, furent prononcées. »

L’homme réalisa avec effroi ce qu’il venait de faire.
Il se jeta aux pieds de son aimée et se mit à pleurer.
Elle l’étreignit en lui disant qu’elle lui avait déjà pardonné
Mais qu’au prochain oubli, elle retournerait à la rivière.

Les années passèrent paisibles et prospères.
A 18 ans, la fille était aussi belle que sa mère,
Plus gracieuse et plus délicate à chaque saison.
Le charme étrange de son frère faisait tomber toutes les damoiselles en pamoison.

Inutile de dire qu’ils n’eurent pas de difficultés
Pour trouver quelqu’un avec qui se marier.
La fille choisit un solide et poétique garçon,
Son frère donna son cœur à une jeune pucelle aux cheveux blonds.

Or, à la cérémonie de fiançailles de ses deux enfants, qui fut fort gaie
L’ondine ne but pas que du lait.
Elle termina la soirée ivre morte,
Insultant ses enfants et leurs futurs compagnons d’une voix forte.

L’aimée du fils fondit en larmes et s’enfuit de la cérémonie,
Le fiancé de la fille resta digne mais son teint rougit.
La fête en fut gâchée, le curé apparut comme scandalisé.
Les invités s’en allèrent, gênés.

Le lendemain, l’ondine se leva fraîche et dispose, comme si de rien n’était.
Son époux lui raconta ce qu’elle avait fait hier au soir
Mais elle ne manifesta pas le moindre regret.
Il entra alors dans une colère noire.


Il lui asséna une violente claque au visage,
Oubliant de ce fait l’innéfaçable présage.
L’Ondine baissa les yeux
Et d’une voix tremblante prononça « Adieu »

Sous les yeux de son époux tétanisé,
Elle s’avança lentement vers les flots
Et disparut dans les profondeurs irisées
Sans ajouter le moindre mot.

La Dame des Eaux jamais ne revint,
Et son époux souvent près du lac vint s’agenouiller
Pour la supplier de lui pardonner et de revenir à ses côtés
Mais ce fut en vain.

Le pêcheur regretta longtemps de l’avoir frappé
S’attirant le mépris de ces enfants.
Il souffrit pendant des années,
D’avoir oublié l’avertissement.

Le pauvre homme en mourut avant l’heure.
On l’enterra près des eaux du Lac devenu noir et silencieux.
Et la Légende raconte qu’à chaque pleine Lune dans les cieux,
L’ondine sort du Lac et se penche au dessus de la tombe pour pleurer leur ancien [bonheur
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Je viens du ciel et les étoiles entre elles ne parlent que de toi ...
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